Bien souvent, économistes et spécialistes du développement n’ont spéculé que sur les facteurs économiques et, pour ainsi dire, quantitatifs pour jauger le potentiel de développement d’un pays. Cette grille de pensée se trouve aujourd’hui sur la défensive comme en atteste plus particulièrement l’éclosion des approches en termes de capital social et de développement humain. La dynamique économique d’une nation peut avantageusement s’articuler, ainsi que nous le montre la créativité de l’économie marocaine, sur une combinaison judicieuse des ressources morales (confiance, solidarité, compétence…) et des atouts économiques proprement dits.

Il faut donc savoir gré à Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour avoir œuvré, sans répit ni trêve, à l’installation du Maroc nouveau sur la voie de la modernité et du progrès. L’historiographie retient toujours l’image du « Trône mobile » qui était celui du Sultan Hassan 1er ; laquelle mobilité se reconnaît aujourd’hui dans le dynamisme sans faille du Souverain sillonnant le territoire national et allant à la rencontre des populations et de leurs doléances. Cet épilogue voudrait restituer les trois vertus cardinales propres à l’approche royale de développement :

En effet, s’il est un des traits bienfaiteurs du nouveau règne, c’est d’avoir tablé sur la péréquation des territoires et des sous-ensembles économiques et démographiques de la nation comme vecteur de gouvernance économique et de justice sociale. La territorialisation des interventions économiques et la déclinaison des politiques publiques en actions catégorielles ciblées (genre, pauvreté, milieu rural, etc.) ont le mérite de promouvoir une gestion à la fois inclusive et novatrice de la chose publique. Cette politique de péréquation, dans sa double dimension spatiale et sociale, demeurera, à n’en pas douter, un des instruments les mieux appropriés pour gérer les impératifs, parfois difficiles à concilier, de la croissance économique et de la démocratie sociale.

Un autre atout, qui fait et fera la force du Maroc, est son capital humain. L’investissement dans le renforcement des capacités et des compétences, individuelles et collectives, ne répond seulement pas à des exigences morales de justice sociale ou de liquidation des inégalités. Comme le précisent fort lucidement le Discours Royal (18 mai 2005) annonçant l’INDH et celui de la fête du Trône (30 juillet 2008) au sujet de la promotion des classes moyennes, l’investissement dans le capital humain se voudrait aussi un outil de développement économique et de création des richesses. Appréhendés sous ce rapport, les domaines d’intervention de l’économie sociale et solidaire (AGR, micro-entreprises, coopératives) constitueront, à terme, le ressort le plus puissant de la croissance économique du Royaume.

Un troisième atout et non des moindres renvoie à la politique soutenue d’ouverture sur le monde extérieur. Encore faut-il rappeler à ce propos que le Royaume a persévéré dans cette voie bien avant que la mondialisation n’ait donné à cette exigence la dimension vitale qu’elle a aujourd’hui. Qu’il s’agisse de l’adhésion à des valeurs universelles partagées, de la promotion du multilatéralisme commercial ou de la multiplication des échanges avec ses partenaires européens et autres, le Maroc a fait, en cette matière, œuvre de pionnier. De nos jours, la dynamique de la société et de l’économie marocaines parient encore sur ce dilemme de l’ouverture et les opportunités qu’il offre en termes d’enrichissement du potentiel national et d’échange mutuellement avantageux. Les accords de libre-échange conclus respectivement avec les Etats-Unis d’Amérique et certains pays arabes ainsi que le Statut avancé dont l’Union Européenne vient de gratifier le Royaume, outre qu’ils sont destinés à soutenir les capacités productives et compétitives de l’économie marocaine, certifient l’ancrage du Royaume dans le concert de la modernité et de la prospérité partagée.

Ces trois orientations cardinales, loin de traduire de simples engagements formels sans prise sur la réalité socioéconomique, sont appuyées par une panoplie de chantiers structurants visant à doter les différents pôles du Royaume d’infrastructures et de capacités logistiques à la mesure des plans stratégiques pour le développement. Comme le donnent à constater les pages qui suivent, les projets structurants, lancés ou réalisés dans les quatre coins du pays, ont l’ambition de consolider la vocation respective de chaque territoire, que cette vocation soit industrielle, agricole, touristique ou environnementale.

Au tournant du troisième millénaire, le Maroc offre donc l’image d’une nation fortement confiante en elle-même ; d’abord parce qu’elle jouit de la confiance des hommes et femmes, jeunes et moins jeunes qui constituent sa richesse première et capitale. Ensuite, parce que le capital-confiance dont ses partenaires ne cessent de lui témoigner représente une consécration des plus précieuses que le Royaume saura sans doute mettre à profit pour entériner ses choix stratégiques pétries des valeurs d’ouverture, de tolérance et de démocratie.


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