C’est décidément à la force créatrice de la Monarchie marocaine, sous la direction éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qu’il convient de rendre hommage pour avoir conduit le Maroc sur la voie de la modernité et du développement. Dès son accession au Trône alaouite, le jeune Souverain n’a pas lésiné en efforts ni en ingéniosité pour insuffler à la vie publique du Royaume un nouveau style de gouvernance, revigorer les assises de l’économie nationale, placer le social et les réseaux de proximité au cœur de l’action pour le développement et reconquérir la confiance des partenaires stratégiques du Maroc. Au terme d’un exercice décennal (1999-2009), le bilan serait plus que positif. Le dynamisme de la Monarchie a emporté dans son sillage toutes les forces vives de la nation, au point qu’on ne compte plus aujourd’hui les chantiers qui trouvent leur impulsion première dans les initiatives royales : mise à niveau de l’économie marocaine, redéfinition des référentiels et des modes de gouvernance des politiques publiques, lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, revalorisation du statut de la femme, réinvention des pratiques de décentralisation et de développement territorial… L’inventaire est inépuisable.

Le bilan aurait même surpassé les attentes et les espoirs placés dans le nouveau règne, pourvu que l’on accepte d’apprécier les réalisations à l’aune des risques et des contraintes qui ont jalonné ce parcours décennal. Là où certains pays à niveau de développement comparable auraient essuyé des échecs ou mal soutenu la crise, le Royaume a relevé le pari fort difficile de transcender les risques économiques, sécuritaires, sociaux et autres qui n’ont cessé d’embraser le monde au tournant du millénaire. Et pour cause. Des dossiers restés de longue date sans issue accèdent à l’agenda gouvernemental et leur opérationnalisation commence à avoir un impact pédagogique significatif sur les citoyens, les opérateurs économiques et les intervenants publics, impliquant par là-même un processus inédit d’apprentissage de la gouvernance démocratique. Le traitement à froid de la violence d’Etat et de la mémoire politique, le déverrouillage de l’espace public et des lieux de la citoyenneté, l’intégration accrue des impératifs du genre, de l’ethnicité et de l’inclusion sociale, la judiciarisation/régulation des intérêts socioprofessionnels et économiques, ou encore le lancement de projets structurants comme le Tanger-Med I et II ont, non seulement raffermi la confiance mutuelle entre les citoyens et les institutions, mais aussi contribué au désamorçage de bien des tensions. Chemin faisant, le développement humain n’a cessé de consolider, en dépit de l’ampleur des déficits sociaux, son ancrage dans l’agenda des pouvoirs publics de par la centralité des programmes de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, mais aussi à travers l’augmentation exponentielle des crédits dédiés aux secteurs opérant dans le domaine. Last but not least, la politique économique a réussi, grâce aux multiples actions de mise à niveau sectorielles, à soutenir la créativité des secteurs productifs, confortant par là même les chances de l’économie marocaine de résister aux rebondissements malveillants de la crise mondiale.

Il appartient à tout un chacun de porter sur le Maroc nouveau les appréciations qu’il jugerait justes ; le présent volume s’assigne comme devoir d’apporter des matériaux et des éclairages, chiffres à l’appui, pour que ces appréciations soient les plus objectives possibles. Si donc, au terme de la lecture, le sentiment prévaut chez le lecteur que l’Etat marocain n’a ménagé aucun effort pour engager le XXIe siècle sous de bons auspices, les auteurs considéreront alors que le présent volume aura atteint son objectif.